La Bible et L'argent
La bible nous décrit au travers des enseignements de Jésus ce que doit être la vision de l'homme sur la richesse et la pauvreté. Et l'évangile de Luc et particulièrement sensible à cette dimension.
Un point est à remarquer : contrairement au sous-titre de certaines bibles, l'histoire du riche et de Lazare ne dit pas que le riche était " mauvais ". Elle ne dit pas non plus qu'il était malhonnête, ni qu'il exploitait le pauvre. Alors, où est le mal ? Le problème du riche, ici, n'est pas celui de la possession des richesses (qui, rappelons le, dans le premier testament étaient souvent considérées comme une bénédiction divine). Le problème c'est son indifférence à l'autre. Il n'a pas vu Lazare. On ne lui reproche même pas de n'avoir pas aidé le pauvre, mais déjà de n'avoir pas fait attention à lui. Lazare n'existe pas pour le riche.
Cette indifférence crée le fossé qui va devenir infranchissable. Le " grand abîme " entre eux, dont parle Abraham, n'est pas creusé comme la punition qui viendrait de l'extérieur. C'est la conséquence logique de cette absence de communication.
Ainsi, cela nous rappelle que la vrai richesse, ce ne sont pas les biens matériels, mais c'est la relation à autrui, c'est l'amour. La richesse devient mauvaise seulement lorsqu'elle renferme l'être humain sur lui-même, lorsqu'elle l'accapare au point qu'il devient insensible, indifférent à autrui, lorsqu'elle le rend égoïste. Alors, elle étouffe l'amour qui est le seul bien véritable.
L'amour commence par l'attention à autrui dont le riche est totalement dépourvu. Son grand péché est, au fond, l'indifférence, qui est aussi l'une des plaies de notre temps. Si celle-ci nous menace, n'attendons pas un prodige extraordinaire pour nous réveiller. La parole de Dieu y suffit.
Prions : Seigneur, n'hésitez pas à nous sortir de cette indifférence qui nous accable à notre petite échelle et invitez nous à développer cette attention à autrui sans laquelle il n'y a ni communauté, ni même amour authentique. Amen.
Bernard Goudey
Am 6, 1a.4-7 ; 1 Tm 6, 11-16 ; Lc 16, 19-31
